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Antidiabétique Avandia: une nouvelle analyse confirme un risque cardiaque
WASHINGTON - Un expert de l'Agence américaine des médicaments (FDA) remet en question un essai clinique montrant que l'anti-diabétique Avandia n'accroît pas le risque cardiaque, contrairement à ce qu'indiquent nombre d'autres études, selon un document publié vendredi.
Les conclusions négatives de l'analyse et des résultats de l'essai clinique dit RECORD auxquelles est parvenu le Dr Thomas Marciniak de la FDA pourraient potentiellement s'avérer cruciales dans les délibérations du comité consultatif d'experts indépendants. Ils doivent débattre les 13 et 14 juillet de l'innocuité de l'Avandia et éventuellement recommander son retrait du marché. Le fabricant de l'Avandia (rosiglitazone, du nom de la molécule), le laboratoire britannique GlaxoSmithKline, s'appuie surtout sur cet essai clinique pour défendre son anti-diabétique, commercialisé depuis 1999, et dont la sûreté est de plus en plus remise en cause. Selon le Dr Marciniak, l'essai clinique RECORD mené en Europe comporte de nombreuses erreurs dont "la moitié sont importantes". Les résultats montrent en fait que le rosiglitazone "accroît le risque d'infarctus", selon lui. "Si j'avais été consulté par avance j'aurais rejeté cet essai clinique en raison de sa conception erronée et biaisée", écrit-il. Outre l'analyse du Dr Marciniak, la FDA a publié vendredi sur internet quelque 700 pages de documents dans lesquelles sont examinés les résultats des nombreuses méta-analyses d'études épidémiologiques qui confirment le risque cardio-vasculaire potentiel accru de l'Avandia par rapport à d'autres traitements. Le Dr Kate Gelperin de la FDA a notamment examiné les résultats d'études épidémiologiques comparant le risque cardiovasculaire chez les diabètiques entre l'Avandia et l'Actos (pioglitazone) du laboratoire japonais Taketa, un anti-hyperglycémique de la même catégorie. Selon ce médecin il est "fortement probable que le rosiglitazone est lié à un plus grand risque cardiovasculaire" et cette conclusion est similaire à celles des méta-analyses d'essais cliniques récemment achevées par la FDA. Une étude publiée fin juin dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) effectuée par le Dr David Graham de la FDA sur des données médicales de 227.571 patients, montrent effectivement que l'Avandia accroît le risque de défaillance cardiaque de 25% et celui d'attaque cérébrale de 27%, comparativement à l'Actos. Une recommandation du comité consultatif d'experts pour un retrait du marché de l'Avandia, dont les ventes ont généré 1,2 milliard de dollars en 2009, porterait un mauvais coup à GlaxoSmithKline. La FDA n'est pas tenue de suivre ces recommandations mais s'y conforme le plus souvent. L'Avandia a fait l'objet d'un comité consultatif d'experts en 2007 alors que des études montraient déjà un risque cardiovasculaire accru. Ce comité avait alors jugé par 20 voix contre trois que les résultats de ces analyses indiquaient bien une augmentation du risque cardiaque mais avait estimé, par 22 voix contre une, que l'Avandia devait rester sur le marché. GlaxoSmithKline a indiqué vendredi que l'agence européenne du médicament (EMEA) allait se pencher à son tour sur la dangerosité de l'Avandia, le 19 et 22 juillet. Il y a près de 300 millions de diabétiques dans le monde dont 23 millions aux Etats-Unis et les problèmes cardiovasculaires sont la première cause de mortalité chez ces malades avec environ 68% des décès. (©AFP / 09 juillet 2010 22h55) G Matta
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